7ème dimanche du Temps Ordinaire (C) – 23 février 2025
Textes du jour : 1 S 26, 2.7-9.12-13.22-23 — Ps 102 (103), 1-2, 3-4, 8.10, 12-13 — 1 Co 15, 45-49 — Lc 6, 27-38
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Non transcription de l’homélie du père Luc Forestier, prédicateur à la cathédrale Notre-Dame de La Treille le dimanche 23 février
Veuillez trouver ci-dessous l’Homélie du père Édouard Roblot, prêtre du diocèse de Nantes.
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Émission “Le Jour du Seigneur “
Messe du 23 février 2025 célébrée en direct depuis l’église Notre-Dame-de-l’Assomption à Noyers-sur-Serein (89).
Frères et sœurs,
Je parie que les deux phrases que vous avez retenues de l’Évangile de ce jour sont les suivantes : « Aimez vos ennemis » et « À celui qui te frappe sur une joue, présente l’autre ». Ai-je gagné mon pari ?
Ces deux phrases sont légendaires ! Elles sont l’envers du beau commandement : « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés »… Aimer ses ennemis, présenter l’autre joue c’est la mise en pratique rugueuse du doux commandement de l’amour.
Quel défi dans nos vies quotidiennes !
Est-ce possible frères et sœurs ? Jésus nous demande-t-il quelque chose de réalisable ? Et, j’ose poser la question aussi à vous chers fidèles téléspectateurs : est-ce souhaitable ?
Comment les innombrables civils, victimes de la guerre, lisent-ils ces versets ? Comment ces paroissiennes de Gaza qui ont vu périr leurs enfants sous les bombardements, méditent-elles ces commandements ? Oserai-je prêcher sur cet Évangile, si notre messe était célébrée à la frontière Arméno-Azérie ? ou à l’Est du Congo ? Aimer ses ennemis, prier pour ceux qui nous calomnient : la chose est sérieuse frères et sœurs !
Et pour ce qui est de tendre l’autre joue à qui te frappe, Jésus en ajoute encore : « à qui te prend ; à quiconque te demande ; à qui prend ton bien »…
Chrétiens, avons-nous une vocation de losers? Ah, frères et sœurs ! Serions-nous fous pour observer de tels commandements ? Sommes-nous de ceux qui se font avoir en disant « merci » ? Ne sommes-nous pas insensés de suivre un tel maître qui nous donne de tels conseils ?
Alors, interrogeons les autres lectures qui nous donnent chacune une piste de réponse à ces deux questions simples : « aimer ses ennemis, pourquoi ? aimer ses ennemis, comment ? »
C’est David qui nous donne une raison d’aimer nos ennemis : n’est-il pas « celui qui a reçu l’onction du Seigneur » ? L’histoire de la haine du roi Saül envers le jeune David est complexe, mais on peut dire qu’elle trouve son origine dans la jalousie. Depuis Caïn et Abel, nous savons que la jalousie est meurtrière. Saül, ivre de jalousie, veut faire disparaitre David qui ne cesse de lui échapper. Mais David ne va jamais tomber dans la violence envers le roi. Il lui est impossible de porter la main sur lui : « il a reçu l’onction du Seigneur ».
Notre ennemi aussi « a reçu l’onction du Seigneur » En dépit de tout le mal qu’il nous a fait subir, nous ne pouvons pas haïr, ni tuer. Mon ennemi: c’est un être humain! Sa dignité intrinsèque nous interdit de porter la main sur lui. Il a été créé par Dieu. Cet ennemi, pécheur, infidèle, menteur et parfois criminel… est aimé de Dieu qui espère son salut (et le mien) ; c’est pour lui et pour moi que le Christ est mort sur la Croix. L’un et l’autre, à son image, Dieu nous créa. Voilà la raison que David nous montre pour aimer nos ennemis.
Et maintenant, comment faire ? Comment aimer notre ennemi ? comment tendre l’autre joue ? Jésus nous invite à être rien de moins que « Fils du Très-Haut » et d’être « miséricordieux comme votre Père est miséricordieux ». En bref, de nous calquer sur l’attitude du Seigneur, sur l’agir de Dieu et de n’avoir que lui comme modèle d’action. Impossible ! Comment nous, qui nous heurtons chaque jour à nos limites, pourrions-nous prétendre égaler un tel modèle ?
« Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit fait Dieu » disaient les pères de l’Église. Saint Paul affirme : « Comme Adam est fait d’argile, ainsi les hommes sont faits d’argile ; comme le Christ est du ciel, ainsi, les hommes seront du Ciel ». Les commandements que Jésus nous donne aujourd’hui sont des commandements divins… pour les accomplir, Jésus nous transforme en lui : « les hommes seront du Ciel »
Ceux qui mettent le premier martyr en procès, Saint Étienne, dans les Actes des Apôtres « virent que son visage était comme celui d’un ange. » Il a pardonné à ses bourreaux à la suite de Jésus : « ne leur compte pas ce péché » dit-il en expirant !
Et plus récemment, que dire du bienheureux Christian de Chergé, qui dans son testament, qualifie celui qui le décapitera d’« ami de la dernière heure » ?… Saint Étienne, le bienheureux Christian : comment ont-ils agi sinon dans la force divine qui était en eux ?
Ainsi, aimer ses ennemis : serait-ce insensé ? impossible ?
À vues humaines : c’est impossible… mais rien n’est impossible à Dieu !
Père Édouard Roblot, prêtre du diocèse de Nantes