6ème dimanche du Temps Ordinaire (C) – 16 février 2025
Textes du jour : Jr 17, 5-8 — Ps 1, 1-2, 3, 4.6 — 1 Co 15, 12.16-20 — Lc 6, 17.20-26
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Heureux celui qui croit !
Nous écoutons le discours des béatitudes chez Luc. Le bonheur : cela nous concerne ô combien. Nous le cherchons et il est la principale motivation de la plupart de nos activités. Mais quelle est notre approche du bonheur ? Une qualité de vie relationnelle et affective ; une aisance matérielle ; être reconnu, estimé…
Baptisés, nous pratiquons notre foi car nous croyons que le Christ peut nous rendre heureux, nous donner le bonheur. Nous croyons qu’il est le Maitre du bonheur
Or, que nous dit-il ? ‘Heureux les pauvres … heureux vous qui avez faim… heureux vous qui pleurez…. Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent… quand ils vous insultent…’ Le Christ proclame heureux ceux que nous considérons comme malheureux. Il nous invite à changer notre approche du bonheur, notre regard sur le bonheur. Écoutons-le.
Il vient accomplir la parole du prophète Jérémie : ‘béni soit l’homme qui met sa foi dans le Seigneur, dont le Seigneur est la confiance’. ‘Heureux est l’homme qui met sa foi dans le Seigneur’, avons-nous chanté tout à l’heure.
Il nous invite à croire en Dieu son Père et à ne plus compter uniquement sur notre force, nos moyens, nos capacités, sur les marchands de bonheur qui nous promettent la solution à tous nos problèmes
En effet, qui plus que lui a donné toute sa confiance à son Père. Sur la croix, n’a-t-il pas dit : ‘Père, entre tes mains je remets mon esprit’ ? (Lc 23, 46)
Il vit les béatitudes, il est les béatitudes : lui, le pauvre qui n’avait pas une pierre pour reposer la tête (Lc 9, 58) et qui est mort dans le dénuement et l’abandon ; lui qui a pleuré la mort de son ami Lazare (Jn 11) et qui a connu l’angoisse du jardin des Oliviers (Mt 26, 37) ; lui qui a pleuré sur le malheur de Jérusalem (Lc 19, 41) ; lui qui a connu la faim et la soif au désert (Lc 4, 2) et jusque sur la croix (Jn 19, 28) ; lui qui a été méprisé, calomnié, persécuté et pour finir exécuter au nom de la Loi. Les béatitudes ne sont pas un discours mais la révélation de l’identité du Christ et de sa mission. Jésus dit dans un passage précédent : ‘Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades’ (Lc 5, 31)
Il s’est fait pauvre, il a pleuré, il a eu faim et soif, il est mort sur la croix par amour, pour rejoindre les hommes et les femmes qui vivent ces situations et qui se tournent vers Dieu, qui crient vers lui. Il les rejoint par amour pour leur ouvrir un avenir. Pas seulement des lendemains qui chantent…
Quel avenir ? Écoutons l’apôtre Paul : ‘si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est sans valeur, vous êtes encore sous l’emprise du péché’ et de la mort. Il n’y a pas de béatitude, sans résurrection. Le Christ est ressuscité, il est le premier-né d’entre les morts. Si il est le premier, c’est qu’il y en aura d’autres. Nous sommes appelés à ressusciter avec tout notre être. Jésus le Christ vient nous libérer de la mort afin que nous puissions vivre pour toujours auprès de Dieu. Là est notre bonheur. Faisons nôtre les paroles du psalmiste (psaume 15, 2) : ‘J’ai dit au Seigneur : Tu es mon Dieu ! Je n’ai pas d’autre bonheur que toi !’
Rendons grâce à Dieu qui par la mort et la résurrection de son Fils nous ouvre la route du bonheur.
Et demandons-lui d’augmenter notre foi : ‘Heureux est l’homme qui met sa foi dans le Seigneur’. (antienne du psaume 1)
Père Bruno Mary, recteur de la cathédrale