2ème dimanche de l’Avent (A) – 7 décembre 2025

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AELF : Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones

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Le temps de l’Avent ouvre un espace pour accueillir le Dieu qui vient : proche des petits, juste et miséricordieux, sauveur. C’est précisément un temps où nous sommes appelés à nous poser dans l’attente.

Or, autour de nous, résonne cette injonction : « Vite. » On court ; après le temps, les bonnes affaires, le paraître, la mondanité. On court… et on s’épuise.

Nous sommes emportés dans la masse de cette foule : beaucoup de bruit, beaucoup d’émotion, peu de respiration. On réagit plus qu’on ne réfléchit, on zappe plus qu’on n’écoute.

Noël n’y échappe pas, car nous l’avons aseptisé, marketisé, scénarisé : décors, musiques, contes, « cocooning sirupeux ». Mais Noël, ce n’est ni une musique d’ambiance pour supermarché ni « Disneyland ».

Noël, c’est une venue, une visite : Dieu qui se fait proche, Dieu qui entre dans le monde des hommes en se faisant lui-même homme. Pour nous sauver. Et déjà, Noël regarde vers Pâques. La crèche ouvre sur la croix et la vie nouvelle. La joie, oui, mais la joie du salut, la joie d’un monde relevé.

C’est ce que prophétise Isaïe ce matin dans la première lecture : un Rameau surgit. L’Esprit repose sur lui : sagesse, discernement, force, connaissance, crainte du Seigneur. Il ne juge pas à l’apparence, il relève les humbles. La justice ceint ses hanches, la fidélité tient son pas. Et, signe de la promesse : le loup habite avec l’agneau. La paix comme un possible, un but, une espérance.

Et Jean-Baptiste, dans l’Évangile ? Loin de ressembler à saint Nicolas, n’aurait-il pas plutôt des accents de Père Fouettard ? Vêtement rude, nourriture pauvre, parole tranchante : « Convertissez-vous ! » Il ne distribue pas de douceurs, il interpelle : « Ne vous abritez pas derrière Abraham. Produisez des fruits. » Lui, il baptise dans l’eau pour la conversion. Mais vient un plus fort, qui baptisera dans l’Esprit Saint et le feu, qui tient la pelle à vanner, qui nettoie l’aire. Le bon grain, il le rassemble, la paille, il la brûle. Cette voix peut aussi résonner en nous aujourd’hui, mais seulement si nous ouvrons notre cœur.

Alors, frères et sœurs, l’Avent, ce n’est pas le temps du sommeil mais celui de l’éveil, pour une remise en question. Se laisser visiter intérieurement pour une disponibilité renouvelée. Le Royaume, c’est pour aujourd’hui, ici, dans notre ville, dans notre maison, dans notre cœur.

Saint Paul, dans la deuxième lecture, nous exhorte et nous stimule : persévérance, réconfort, espérance. « Accueillez-vous les uns les autres comme le Christ vous a accueillis. » Voilà la feuille de route : être accueillis pour accueillir, bénir pour devenir bénédiction, d’un même cœur, d’une seule voix, pour la gloire de Dieu.

Alors, concrètement, cette semaine :

  • S’arrêter chaque jour dix minutes en silence. Prendre Isaïe 11, laisser l’Esprit nommer un choix, un seul, et le poser.
  • Un pauvre qui appelle : il y en a toujours un. Un visage, un prénom. Répondre par un geste réel, pas plus tard, cette semaine.
  • Une réconciliation, petite, possible : un message, un café, un pardon esquissé, pour que nos voix deviennent louange.

Vous allez sortir d’ici à la fin de cette eucharistie. Les rues brilleront, les vitrines chanteront. Mais que brille surtout votre lumière intérieure : une parole juste, un partage vrai, une veille du cœur. Que chacun puisse dire : « J’ai préparé un chemin. » Pas parfait, mais vrai, droit, disponible.

Frères et sœurs, l’Avent, c’est maintenant. Le Sauveur vient. Il vient pour purifier, relever, sauver. Il peut tout, mais rien sans nous. Qu’il trouve en nous une terre prête, une clairière ouverte, un passage dégagé. « Convertissez-vous. Le Royaume des Cieux est tout proche. » Amen.

M. Jérôme Montois, diacre permanent